mercredi 18 avril 2018

La souffrance n'a aucun sens


Quand tu te retrouves face à la maladie, au malheur, à la douleur, tu as souvent ce réflexe puéril : chercher des raisons, un sens cachés, des coupables peut-être. Tu penses ainsi que répondre au pourquoi sera un baume sur tes souffrances. 

Naïveté d'enfant.


La douleur est absurde, comme les accidents de la vie, les gains au loto ou les moments de joie. Tu peux tenter de réduire les risques ou maximiser tes chances de réussite (pour gagner au loto, il faut jouer, pour réussir professionnellement il faut travailler) mais au final, le hasard  fera la différence. Le hasard peut être une rencontre fortuite, la génétique, la naissance, la statistique improbable (pense encore à ces pauvres gens tués par un terroriste dans un petit supermarché du fin fond de l'Aude).

Alors ne cherche pas les causes à tes malheurs, ne cherche pas d'explication à cette douleur qui te tenaille, à cette perte qui t'affecte. Ceci est vain car ceci ne dépend pas de toi. La seule attitude cohérente est d'accepter, cesser de refuser l'évidence et faire ce qu'il faut pour dépasser la souffrance : se soigner, aller de l'avant, comprendre qu'à l'absurde souffrance succédera le non moins absurde bonheur. Tu verras alors que sans le remord ou la rancœur pour l'alimenter, le mal qui te ronge se s'éteindra peu à peu.

La roue tourne, rien n'est éternel, sauf l'éternel retour du même

mardi 10 avril 2018

Jeu ou compétition


On oppose souvent le jeu et la compétition, l'objectif de résultat nuirait le plaisir. Pour la faire courte, l'enjeu ne pourrait que détruire le jeu. 



Pourtant, de manière paradoxale c'est la recherche du jeu, la concentration sur le bon, le beau geste, ici et maintenant qui permet d'avoir les meilleures performances. Il faut oublier les classements, les résultats, le match mais se concentrer sur le prochain geste à accomplir et tenter de le réaliser à la perfection. Puis recommencer. 

C'est cette quête du geste parfait qui permet à la fin d'obtenir le meilleur résultat. 

C'est par le jeu que l'on arrive à dépasser l'enjeu.

Bien sûr, certains réussissent parfois sans jeu, sans plaisir, obsédés par le résultat : supériorité physique écrasante, chance, triomphes de volonté butée, peu importe. Mais ceux-là ne font que des "coups", leurs performances ne sont pas durables. 

C'est par le jeu que les plus grands sportifs, les meilleures équipes surpassent durablement les autres. Le résultat n'est que la conséquence d'une démarche ludique, favorable à la performance car sans pression. Malgré les inévitables accidents de parcours (glorieuse incertitude du sport, terribles aléas d'une vie), ce sont ceux qui jouent et tentent qui gagnent à la fin. Et même si ils perdent, au moins auront-ils vécu un bon moment.

mardi 3 avril 2018

Copier, coller, forwarder

Copier, coller, forwarder, voici la nouvelle devise du travailleur de bureau, de l'étudiant à la cool, de l'opérateur de centre d'appel. Il faut des réponses prêtes à l'emploi, rentrant parfaitement dans la case, surtout ne pas avoir à réfléchir. Non ce n'est pas seulement lié au management qui souhaite normaliser et rationaliser au maximum le travail, c'est une paresse intellectuelle qui se répand partout. 

L'habitude de Google qui sait tout, de l'instantanéité des réseaux sociaux sans doute. 

Il est pourtant insupportable d'avoir la sensation de faire face à une personne qui n'en a rien à faire, répond vite et mal, sans faire appel à la moindre capacité de raisonnement. Néant de la réflexion. 

Ces paresseux souvent bardés de diplômes ne comprennent pas encore que se contenter de distribuer des réponses toutes faites est un travail de robot. La sélection naturelle va faire son œuvre, les bots vont bientôt prendre la relève. 

Alors on verra une nuée de travailleurs abêtis hurler son sa haine sur les réseaux sociaux et dans le urnes, nuée d'aigris incapable d'imaginer de nouveaux futurs. 

Alors les démagogues triompheront définitivement.