dimanche 30 avril 2017

Mode et violence

La mode n'est pas légère et encore moins futile. Elle est avant tout violence. 

Violence du conformisme social, de la nécessaire adhésion à un modèle. Violence symbolique de celui fait la tendance ou de celui qui a les moyens de la suivre.

Le diktat de la mode et du "bon goût", explique aussi pourquoi les plus faibles se sont révoltés contre leurs élites. 

mercredi 26 avril 2017

Misère du storytelling

A l'ère de la post-vérité, quand les mots n'ont plus de sens, quand l'environnement extérieur ressemble de plus en plus à une dystopie cauchemardesque, le storytelling règne désormais en maître. 

L'important n'est ni la sincérité de l'intention et encore moins la vérité. Non, l'objectif est de construire une histoire captivante, permettant de vendre un produit ou une idéologie. Alors tous les moyens sont bons, toutes les ficelles des meilleures séries sont mobilisées, l'important est de convaincre. Tu te retrouves avec une bouillie de mots abâtardis, une syntaxe affligeante de pauvreté, des messages caricaturaux déversés à grand bouillon.

Mais tu le constates autour de toi, l'efficacité du storytelling est effrayante.

En faisant appel à nos émotions plus ou moins inavouables, à nos peurs et rancœurs secrètes en des termes très simples, ces récits parfaitement ciselés laissent une marque indélébiles dans ton esprit. Et annihilent ta raison en appauvrissant de manière consciente le langage.

"La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu’en l’année 2050 au plus tard, il n’y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ?" 1984, George Orwell

lundi 24 avril 2017

Pourquoi le souci est le fondement de ton existence

Quand tu y penses ta vie est un peu décevante voire carrément absurde. Les événements s'enchaînent, le temps file, tu te demandes bien ce qui peut donner du liant à ton existence. Puis tu penses à l'ensemble des problèmes et contraintes que tu gères au quotidien : gagner ta vie, te loger, prendre soin de ta famille et que sais-je encore. 

La toile de tes soucis quotidiens, plus ou moins graves, plus ou moins angoissants est ta raison d'être. Oui, ces soucis sans cesse renouvelés créent chez toi l'énergie nécessaire pour avancer, faire ta vie, te projeter même. Sans eux et les angoisses qu'ils génèrent en toi, tu ne serais qu'un bouchon balloté au grès des courants.

Mais même si le souci est le fil directeur de ton existence, tu vis aussi des moments suspendus où l'angoisse disparaît quelques instants. C'est le rôle de l'émotion devant un film, un concert, un livre ou plus simplement lors d'un bon moment partagé avec des proches. L'émotion est ce moment de respiration dans ton quotidien, le sel de ta vie en sorte.

Voilà pourquoi tu dois accepter d'accueillir tes émotions. C'est ce qui permet de rendre ton existence vivable. Tu n'est pas un robot, du moins pas encore.

PS: le rôle du souci dans l'existence n'est pas nouveau et a été développé par des personnes bien plus intelligentes. Peut-être que la vision proposée ici n'est pas compatible avec celle du Maître. Que les puristes soient indulgents avec un amateur.